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Etude PINET

La chasse : plaisir et culture :

La chasse ne saurait se réduire au rôle alimentaire qu'elle n'a d'ailleurs pratiquement plus depuis longtemps, en dehors bien sûr de la gastronomie. La chasse est une culture, une passion, qui puise ses racines aux origines de l'humanité. Comme la fonction crée l'organe, la nécessité vitale de chasser a créé le chasseur qui perdure au fil des siècles.

La chasse : connaissance, protection et gestion :

La chasse permet une relation privilégiée entre l'homme, la nature et les animaux. Qu'il traque le petit ou le grand gibier, les migrateurs ou le gibier sédentaire, le chasseur doit connaître son territoire et les animaux qui y vivent pour prétendre pratiquer avec des chances de succès. Il joue un rôle prépondérant dans l'aménagement et la sauvegarde de biotopes favorables pour la faune sauvage, et dans la protection directe de la faune elle-même. De nombreuses actions techniques se sont soldées par le retour de populations conséquentes, autorisant des prélèvements.

Pas de territoires favorables, pas de faune riche et variée = pas de chasse. Cet axiome incontournable fait du chasseur le premier protecteur de la nature, par nécessité.

La chasse : partenaire économique :

La chasse joue aussi un rôle social dans nos campagnes, où elle entretient souvent la dernière forme de vie associative des villages. La chasse fédère plus de 70.000 associations, soit le dixième de celles qui existent en France. En accueillant des citadins avides de nature, elle leur offre un espace de détente et renoue des liens parfois distendus entre ruraux et urbains.

La convivialité qui préside à la chasse en fait l'un des principaux charmes. Elle est une des rares activités de loisir, assurant un fort brassage social.

En outre, la chasse génère 24.000 emplois et un flux financier de 2 milliards d’euros. Le permis de chasser alimente les caisses de l'Etat et permet notamment de faire fonctionner un établissement - l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage.

La loi « chasse » du 26 juillet 2000 a dévolu des missions de service public à la Fédération nationale des chasseurs ainsi qu’aux fédérations régionales et départementales des chasseurs. Des milliers de bénévoles et près de 1.500 professionnels en assurent l’exécution.

La chasse : moyen de développement durable :

Enfin, la chasse assure la régulation des espèces en croissance (grand gibier notamment) et la prise en charge des dégâts qu'elles peuvent occasionner aux cultures (22.87 millions d’euros par an rien que pour les dégâts du grand gibier).

Sans chasse, pour empêcher un développement exponentiel des populations, la régulation devrait être réalisée par des agents rétribués par le contribuable, alors qu'actuellement les chasseurs payent pour prendre en charge cette gestion de la faune sauvage. De même, sans chasseurs, les dégâts devraient être indemnisés par le contribuable.

La France est l’un des pays d’Europe où le nombre de chasseurs est le plus important : 1.465.000 chasseurs participent ainsi chaque année à la dynamisation de l’un des plus important loisir de nature.

LE PROFIL DU CHASSEUR

Le chasseur parmi les chasseurs :

Le chasseur est traditionnellement identifié au monde agricole et à la propriété terrienne. La réalité est assez différente. En 1993, les ouvriers constituent toujours le groupe prépondérant parmi les chasseurs. Leur proportion augmente même légèrement par rapport à 1986 (+ 9%). Les retraités viennent ensuite avec une forte augmentation, ce qui a pour conséquence d'élever l'âge moyen.

A l'inverse, la proportion d'agriculteurs s'effondre (- 36%). Ils sont apparemment moins nombreux que les employés. Cadres moyens, commerçants et artisans diminuent. Les cadres supérieurs et professions libérales, quant à eux, augmentent fortement. Une meilleure image de la chasse, plus technique et plus écologique, serait à l'origine de cette variation. Par contre, cette catégorie sociale ne contribue pas d'une manière prépondérante à l'augmentation des validations nationales.

Une chasse populaire :

C'est une évidence que ce groupe est une classe d'âge dont l'origine provient de toutes les catégories socioprofessionnelles qui peuvent abandonner la pratique d'une manière sélective selon leur métier antérieur. Les ouvriers constituent encore la catégorie dominante, mais ils sont plus nombreux en activité que parmi les retraités. La fréquence des agriculteurs double pratiquement entre les actifs et les retraités. Est ce l'une des conséquences de la mutation de l agriculture française, avec les nombreux départs depuis 1986 ?

Les employés, les cadres supérieurs et les professions libérales sont plus fréquents dans les chasseurs en activité que dans les chasseurs retraités. Les commerçants et artisans sont au même niveau.

CHASSEURS EN ACTIVITE RETRAITES
Ouvriers 26,9 20,5
Agriculteurs 14,5 30,0
Employés 19,0 5,6
Professions intermédiaures 14,5 27,5
Cadres sup., professions libérales 12,9 4,5
Commerçants, artisans 11,3 11,7

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Une typologie plus fine :

La combinaison du type de validation (départementale ou nationale), de la prise ou non d'un timbre gibier d'eau et du nombre annuel moyen de sorties de chasse permet une approche typologique simple, première étape vers des analyses plus complexes faisant appel à des analyses factorielles. Cette approche fournit des silhouettes sur lesquelles peut se fonder une politique de communication. Leur description précise serait trop méticuleuse pour ce document.

Cette analyse met cependant en évidence les deux axes principaux d'évolution dans la pratique cynégétique : l'équipement-consommation, tant en matériel (armes, chiens, matériels généraux ou spécialisés, déplacement, hôtellerie,…) qu'en connaissances (revues, livres, participation à des comptages ou des opérations de promotion) et la spécialisation sur certains types de gibier (gibier d'eau, petits migrateurs, cervidés).

Les silhouettes de type A : 24 à 26 sorties de chasse par an

Le traditionnel :

Représente 32 % des chasseurs de France. Il acquitte la seule validation départementale et chasse au plus à 10 km de sa résidence. Plus âgé, il est par contre un peu au dessous de la moyenne nationale pour la plupart des postes à descriptions cynégétique ou économique. Il ne va pas chasser à l'étranger.

Le connaisseur équilibré :

(10 %) acquitte en plus soit un timbre gibier d'eau, soit une validation nationale. Il va chasser jusqu'à 25 km de sa résidence. Son équipement est important. On chasse beaucoup le sanglier dans ce groupe, d'où des dépenses chez le vétérinaire plus élevées.

Le connaisseur perfectionniste :

(2 %) acquitte une validation nationale et un timbre gibier d'eau mais ne se déplace pas en moyenne, à plus de 50 km. Cependant, il est l'un des clients importants pour l'hôtellerie cynégétique. Il chasse tout type de gibier mais avec assez peu d'intensité. Il participe à toutes les activités possibles et son équipement est complet.

Les silhouettes de type B : 11 à 13 sorties de chasse par an

L'occasionnel :

(25 %), soit le quart des chasseurs de France, comprend en partie de nouveaux chasseurs mais aussi des chasseurs fragiles quant à leur implication dans la chasse. C'est cette population de pratiquement 400.000 chasseurs qui pose les plus graves problèmes en terme d'érosion démographique. Evidemment, on ne rencontre pas l'occasionnel à l'étranger.

L'éclectique :

(6 %) à validation départementale ou nationale, avec ou sans timbre gibier d'eau, a un tableau de chasse très diversifié (du pigeon au renard, des grives au chevreuil). Il peut être rural ou urbain. Il a aussi les cotisations les plus élevées, soit pour des sociétés communales, soit pour des actions, soit aussi pour des associations spécialisées. Il se déplace parfois très loin de sa résidence.

Le perfectionniste occupé :

(1 %) est une variante du précédent. Il habite toujours une ville assez importante. Ses déplacements par sortie sont importants. Il chasse peu mais se tient au courant. C'est un consommateur de nombreux types d'équipements (il a le plus haut taux d'équipements en jumelles !). C'est lui qui fréquente le plus les sociétés de chasse organisées. C'est aussi le second meilleur client de l'hôtellerie cynégétique. Son tableau sanglier est élevé.

Les silhouettes de type C : 50 à 65 sorties de chasse par an

Ce sont d'une manière générale des spécialistes. Tous ont nettement plus de chiens que la moyenne nationale.

Le spécialiste petit migrateur :

(18 %) est un chasseur de type traditionnel mais spécialisé, en particulier sur la chasse aux grives. Il se déplace moins souvent en voiture (à moins de 7 km). C'est par contre un important consommateur de cartouches. Il est aussi plus âgé que la moyenne nationale.

Le sauvaginier :

(3 %) est un spécialiste du gibier d'eau. Il a donc le plus fort taux d'achats d'appelants, de bottes. Il a presque toujours un véhicule spécialisé. Moins rural, il est aussi nettement plus jeune que le chasseur moyen (presque deux ans). C'est pratiquement le seul à présenter un tableau de chasse avec d'autres canards que le colvert. Il ignore le sanglier.

Le veneur :

(2 %) a toujours une validation nationale mais ses principales chasses sont proches (moins de 30 km de sa résidence). C'est lui qui a le plus grand nombre de chiens (5.3). Il a acheté apparemment moins de jumelles et de lunettes dans les trois dernières années,… parce que ce sont des équipements qu'il possède depuis longtemps. Evidemment cerf et chevreuil caractérisent sont tableau de chasse, dans lequel les faisans sont presque absents.

Le passionné :

(1 %) a le tableau de chasse le plus important. Il se donne les moyens de l'obtenir par ses armes (le taux le plus élevé d'utilisation), sa consommation de munitions, son équipement, ses chiens (en moyenne 2.8), ses locations, ses déplacements en France (premier client de l'hôtellerie cynégétique) ou à l'étranger (là aussi premier rang mais à égalité avec le connaisseur perfectionniste). C'est aussi l'un des plus assidus au comptages ou aux aménagements. Bref, un chasseur qui ne compte ni sa peine, ni sans doute son budget.

La proportion des différents postes de dépense :

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En 1992, le loisir chasse entraînait une dépense individuelle annuelle de 1.204 euros.