Les Chasseurs qui sont-ils?
Toute la société chasse
Les chasseurs sont caractérisés par une population encore essentiellement masculine (98%), composée pour plus de la moitié de passionnés ayant moins de 55 ans. Toute la société chasse : professions libérales, cadres, artisans-commerçants, chefs d’entreprise, avec une forte prévalence dans les milieux agricoles et ouvriers. Le Sud-Ouest et la Méditerranée demeurent les grandes régions de prédilection de ce loisir qui se transmet par proximité et convivialité.
Une sociologie représentative
Les chasseurs sont présents dans tous les milieux socio-professionnels qui caractérisent la société française. Leur lieu d’habitation se superpose avec leur territoire de chasse, 87% d’entre eux prennent une validation départementale.

La chasse reste une activité de proximité, où l’accès au territoire conditionne la pratique. Dans cette configuration, le handicap de la région parisienne se profile, les atouts du Sud-Ouest, de la Méditerranée, du Bassin Parisien Ouest, se confirment. Très convoité par les nouveaux chasseurs, l’Est dispose de moins de chasseurs expérimentés.

Une maturité confirmée
Si plus de la moitié des chasseurs ont moins de 55 ans, le pourcentage respectif de chaque classe d’âge, comparée à la population française, montre un déficit pour les classes d’âge les plus jeunes : 5% des chasseurs chez les moins de 25 ans contre 16% de la population française représentée dans la classe d’âge équivalente et une surreprésentation parmi les 55 à 64 ans (23% de chasseurs versus 12% de la population) et les 65 à 74 ans (17% des chasseurs versus 11% de la population).

Des pratiquants très expérimentés
L’ancienneté du permis de chasser selon la région, permet de mieux comprendre les évolutions à venir et les efforts à accomplir en faveur du recrutement de nouveaux pratiquants. Dans ce domaine, les régions ne sont pas à égalité. Le Sud-Ouest révèle que plus de la moitié des détenteurs de permis ont plus de 30 ans d’expérience, le Nord bénéficie d’un profil plus jeune que la moyenne avec 23% de détenteurs ayant moins de 10 ans d’ancienneté de permis, le Bassin Parisien Est présente également une configuration similaire.

"La nature est notre culture"
Ce slogan traduit bien les deux sources qui viennent alimenter la passion de la chasse, dominée en premier lieu par l’envie de pratiquer une activité de nature (60% des chasseurs) et par l’existence d’une tradition familiale pour 51% d’entre eux, ou d’une pratique existant dans
l’entourage (29%). La présence des animaux compagnons de chasse, chiens, chevaux (29%), le besoin de s’investir dans l’aménagement, sont également des facteurs importants de motivation. Quant au tir à proprement parler, il n’a incité que 6% des pratiquants à devenir chasseur, ce qui confirme bien que la chasse n’est pas un simple sport de consommation où seul le résultat compte.

Les freins
Les freins révèlent une insatisfaction des chasseurs, on pourrait presque dire un «mauvais rapport qualité/ prix» entre leur passion et sa réalité. Manque de gibiers, de territoires, réglementation contraignante, coût d’accès élevé, sont autant de signaux qui doivent alerter : le chasseur aujourd’hui est prêt à s’investir mais il est aussi devenu un consommateur exigeant et attentif.

Une pratique polyvalente
Pour les chasseurs à tir, qui représentent 94% des pratiquants, la chasse devant soi (78%) et en battue (75%), sont toujours les grandes gagnantes d’un podium où l’affût arrive en troisième position (35%). D’une manière générale, 90% des chasseurs chassent plusieurs gibiers, le petit gibier sédentaire est privilégié (86%), puis viennent les migrateurs terrestres (76%) et le grand gibier (71%). Le gibier d’eau attire 34% d’entre eux.


Une passion économiquement porteuse
En 2006, le budget moyen du chasseur s’élève à 1 590 Euros par an, arme comprise. Comme par le passé, ce sont les dépenses liées au chien qui constituent le premier poste (25%), viennent ensuite l’accès à la chasse (19%) et les frais de transport (16%). C’est le chasseur de moins de 45 ans qui est à la fois le plus dépensier et le plus équipé. Les plus actifs en terme d’aménagements, ceux qui se déplacent le plus à l’extérieur, appartiennent à la catégorie des 55 ans / 64 ans.
Une dépense en évolution
1992 (+ 6,42%), l’évolution a été plus rapide de 1992 à 2006 (+ 18,37%).Le poste "sociétés de chasse" (adhésions, cotisations, actions…) a lui aussi fortement évolué sous l’effet de la pression du foncier, du durcissement de l’accès aux territoires et surtout, de l’importance des aménagements auxquels les chasseurs accordent une attention croissante.
Quant au transport, sa valeur diminue dans le budget du chasseur (16% au lieu de 19%), la restauration et l’hébergement fléchissent également (3,5 % en 2006, par rapport à 1986 : 7,4%).


A chaque âge son équipement
Le poste "équipement" représente l’ensemble des dépenses d’habillement et d’accessoires (sécurité, jumelles, couteaux….). De 55 Euros en 1986, ce poste a été multiplié par 4 en 2006, pour atteindre 200 Euros et représente 13% de la dépense totale. La sophistication et l’élégance sont en marche, sans oublier la sécurité qui est désormais l’objet d’une forte attention.

Un tiers des chasseurs utilisent plusieurs armes, ils sont 96% à posséder un fusil, 34% une carabine.

Pour tous les âges, une pratique enthousiaste
Si les nouveaux chasseurs font preuve d’une pratique déjè intensive dès leur première année de chasse (39% réalisaient plus de 25 sorties), leurs aînés sont 54% à réaliser plus de 25 sorties par an avec une mention particulière dans le Sud Ouest : 58%.

Le chasseur, quelqu’un de bien
Près de 70% des chasseurs se disent prêts à participer à des actions de parrainage. A lui seul, ce chiffre traduit l’engagement associatif fortement présent dans l’univers de la chasse, marqué également par un important investissement dans les missions environnementales comme l’aménagement du territoire ou le suivi des espèces. La chasse demeure un monde de valeurs et d’équilibre.
Un acteur patrimonial
La chasse, c’est avant tout le respect de l’environnement et un rapprochement avec la nature pour 99% des chasseurs. Cette déclaration est loin d’être virtuelle, car le chasseur ne compte pas son temps si l’on en juge par les multiples activités annexes dans lesquelles il s’implique et qui traduisent sa préoccupation en faveur de la restauration des espèces de petit gibier ou de la préservation des zones humides. Les plus actifs en la matière sont les 55-64 ans, c'est à dire les jeunes retraités, ce sont les plus investis dans la vie associative. Les chasseurs de moins de 45 ans sont plus actifs sur le terrain pour des actions concrètes.

Un acteur social
Les liens sociaux du chasseur, forment la seconde composante majeure de la passion qui unit les pratiquants de ce loisir. Pour 98% d’entre eux elle est l’occasion de rencontres et donne le sentiment d’appartenir à une communauté (73%). Ce facteur se traduit aussi en terme de territoires de chasse : société de chasse communale (67%) et A.C.C.A (45%) sont les grands lieux de rassemblement. Dans ce domaine, se dessine cependant aussi la difficulté d’accès au territoire, les plus récents détenteurs de permis se tournant vers les chasses commerciales(10%), les plus anciens s’inscrivent dans les schémas traditionnels (69% en société communale).

Un acteur local
La chasse et les autres usagers
Contrairement à certaines idées reçues, la chasse n’est pas un facteur de conflits d’usage. La présente étude le confirme : 89% des pratiquants ne rencontrent aucune difficulté avec les autres usagers; quand celles-ci surviennent, certaines pratiques (motos, quads) en sont à l’origine (6%) mais ne sont pas les seules puisque 4 % des chasseurs ont des difficultés avec d’autres chasseurs.

Pratique des autres loisirs
Parmi les sports et loisirs pratiqués, la randonnée vient en tête avec 26%, suivie par la pêche (21%) et la petite Reine (18%). En moyenne, le chasseur pratique près de 2 activités en dehors de la chasse.
La feuille de route pour l'avenir
Tout comme les nouveaux chasseurs, les pratiquants expérimentés ont une excellente connaissance du réseau fédéral départemental (88%) et national (79%). Cet indicateur montre au fil des années, un renforcement des liens associatifs, tout autant que des attentes fortes. 94% des chasseurs renouvelleront leur validation lors de la prochaine saison cynégétique, les abandons étant liés au facteur "temps" ou à l’âge.
Les dossiers prioritaires
Les enjeux relatifs à la sécurité, à l’aménagement des territoires, au maintien des divers modes de chasse et espèces chassables, sont désignés comme des dossiers prioritaires pour l’avenir.

Les attentes à l’égard des Fédérations départementales
Information, formation et communication, sont les trois grands thèmes des attentes à l’égard des Fédérations et pour près de 65% des chasseurs. Les facilités d’accès au territoire de chasse et le recrutement des nouveaux chasseurs doivent impliquer les forces vives du réseau.

Les sources d’information
La Presse constitue un mode d’information important pour les chasseurs : 98% lisent au moins une revue cynégétique et 83% la revue de leur Fédération départementale. 12% sont abonnés à une chaîne de télévision spécialisée "Chasse" et 15% utilisent Internet pour s’informer (ils étaient 36% parmi les nouveaux chasseurs).
Remerciements
La Fédération Nationale des Chasseurs remercie les Fédérations départementales, dont les fichiers ont permis la réalisation de l’étude ainsi que les chasseurs, qui ont fourni grâce à la précision de leurs réponses, des éléments d’analyse précieux pour mieux les comprendre et leur garantir un accompagnement de qualité.
L’enquête a été réalisée par téléphone, par système CATI, du 27 février au 6 mars 2006, auprès des chasseurs ayant validé leur permis au cours de l’année cynégétique 2005-2006.



