Aménagement des territoires préconisés |
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L'homme, par ses activités de production, de construction ou de loisirs exerce une emprise de plus en plus forte sur les milieux naturels. Ceux-ci disparaissent ou sont transformés et la nature devient ainsi parfois moins accueillante qu'autrefois pour la faune sauvage, même si celle-ci est encore souvent abondante dans notre pays. Parfois, au contraire, c'est l'abandon de toute activité humaine, notamment agricole (déprise agricole), qui peut conduire à une évolution des milieux défavorable à certaines espèces particulièrement inféodées aux écosystèmes agricoles. Ces milieux, qu'ils soient forestiers, agricoles, aquatiques, montagnards etc..., renferment les " habitats " de la faune sauvage, sans lesquels celle-ci ne pourrait survivre, c'est-à-dire se nourrir, se reproduire ou encore s'abriter des prédateurs et des intempéries. Les scientifiques font ainsi de la dégradation des habitats, que celle-ci soit quantitative ou qualitative, la première cause de diminution des espèces, notamment pour les oiseaux d'eau et la petite faune des plaines agricoles ou de la montagne. Il est donc aujourd'hui devenu indispensable de corriger ces évolutions défavorables des habitats de la faune par des actions de gestion, d'aménagement ou de restauration. Pour ce faire, le grand principe est de favoriser au maximum la diversité des milieux dans le paysage ; cette diversité est de nos jours mise à mal par l'uniformisation agricole (monocultures, remembrements, agrandissement des parcelles, spécialisation, etc...), l'intensification forestière, etc... Pour favoriser cette diversité :
Les lisières des bois et forêts seront plus favorables aux grands et petits gibiers (tout comme à l'ensemble de la faune) si elles sont progressives et irrégulières dans l'espace plutôt qu'une rupture brutale et rectiligne entre la forêt et l'espace agricole.
Les plantations récentes seront mieux protégées de la dent des cervidés si on laisse s'y développer une végétation arbustive d'accompagnement.
- Dans les grandes plaines agricoles, il conviendra (notamment pour les perdrix), de rompre l'uniformité des cultures, de diminuer indirectement la taille des parcelles et blocs de monoculture, de pallier le manque de couverts et d'abris permanents (notamment en automne hiver) et de multiplier les sites de reproduction.
Ne pas oublier également les chemins enherbés, à condition toutefois de ne pas brûler, faucher ou broyer d'avril à juillet. Ceci dit, les céréales d'hiver et les luzernes (non fauchées au printemps-été) offrent d'excellents sites de reproduction, notamment aux perdrix et faisans.
Ces milieux sont également favorables à l'implantation de réseaux de garennes pour les lapins dans les secteurs peu sensibles aux dégâts de ces animaux. - Dans les paysages méditerranéens (garrigues, etc...) ou encore les landes, souvent trop fermés pour le petit gibier, il conviendra d'ouvrir le milieu par le dégagement de lisières, de clairières et la création de réseaux d'allées de plusieurs mètres de large (débroussaillage, girobroyage...). L'entretien régulier de ces ouvertures permettra le développement de " pelouses " de graminées favorables à la faune. La création de réseaux de " garennes " à lapins est largement possible dans ces nouveaux milieux. Cultures
Il sera aussi utile d'installer des cultures dans ces ouvertures (légumineuses, céréales, maïs...) pour le petit gibier.
Dans les vignes, le maintien d'une couverture végétale entre les rangs à intervalles réguliers profitera au lièvre et à la perdrix notamment.
- En montagne, la disparition des cultures, importante en moyenne montagne, est défavorable au petit gibier. En haute montagne, l'abandon des activités pastorales ou leur intensification créent des conditions de vie défavorables au tétras-lyre, au lagopède, à la perdrix bartavelle, à la perdrix grise de montagne et au lièvre variable. Des infrastructures touristiques surabondantes les affectent également. La présence de petites parcelles cultivées en céréales rustiques, comme le seigle par exemple, maintient des sites favorables à l'alimentation et à la nidification, spécialement en moyenne montagne en raison de la déprise agricole. La conservation des cultures potagères aide à diversifier le milieu. Le recours au brûlage contrôlé permet d'ouvrir le milieu et le rend plus attractif pour la bartavelle, la perdrix grise de montagne et les lièvres. Dans les alpages anciennement abandonnés, le tronçonnage des aulnes ou le girobroyage des rhododendrons réhabilitent des zones de reproduction de tétras-lyre par ouverture des milieux envahis pas ces ligneux. Le pâturage, ou fauche, évite la fermeture des milieux et maintient des zones d'alimentation en conservant la diversité floristique et la richesse en insectes. Les plantes ligneuses envahissantes comme l'aulne, le saule et le rhododendron seront limitées. Dans les sites de reproduction connus du tétras-lyre, le report du pâturage après la mi-août protége les nichées. Les pratiques forestières doivent générer une strate arborescente laissant se développer des couverts herbacés et des fruits, comme la myrtille très appréciée du tétras-lyre et de la gelinotte des bois. Le maintien de parcelles âgées et des essences consommées comme le pin et le sapin, même en petite quantité, sont indispensables au grand tétras. - Pour les oiseaux d'eau, la sauvegarde et l'aménagement des zones humides et de leurs abords (plans d'eau, marais et prairies humides) est primordiale. Ils y accomplissent la quasi totalité de leur cycle de vie.
La végétation ligneuse ou semi-ligneuse doit être limitée. Autour du plan d'eau, des fossés, des prairies humides de gagnages, des mares sont bénéfiques à divers titres. Dans le cas de la présence de grandes roselières, milieux souvent trop fermés (sauf pour certains hérons), l'aménagement et l'entretien de chenaux et clairières offrent abris, nourriture et sites de reproduction. L'épandage de paille à la surface de l'eau (10 T/Ha), permet un développement important des invertébrés aquatiques, source de nourriture majeure pour nombre de canards. Bien sûr, la qualité biologique de l'eau est importante et pourra éventuellement nécessiter chaulage (eaux acides), fertilisation minérale, engrais organiques, etc... La mise en assec périodique limite l'envasement des plans d'eau de faible profondeur.
Dans les marais, une hauteur d'eau variable de 0 à 40 cm suivant le micro relief est favorable. Il ne faut pas laisser la végétation envahir ces zones ; le pâturage extensif est le plus adapté pour les prairies humides. On conservera donc des zones à végétation basse, humides ou marécageuses, qui sont notamment très favorables pour les bécassines (" platières " à bécassines). |