Cependant, la perception que nos contemporains ont des armes a beaucoup évolué ces dernières décennies. L’arme, fut-elle de chasse, n’est pas un objet anodin et peut parfois être une source d’inquiétude pour les autres usagers de la nature.

Droit à l'usage des armes

Ce droit à l’usage des armes de chasse nous confère des responsabilités et des devoirs

Si nous sommes les seuls à pouvoir utiliser des armes dans un milieu naturel, ce n’est pas un privilège mais un droit jadis transmis de génération en génération, aujourd’hui acquis avec l’examen du permis de chasser. Ce droit à l’usage des armes de chasse nous confère des responsabilités et des devoirs, au premier rang desquels figure le devoir de sécurité. Toute activité, a fortiori de loisirs et de nature, comporte des risques et induit des dangers, la chasse ne fait pas exception à la règle. C’est pourquoi les chasseurs ont développé depuis de nombreuses années une véritable culture de la sécurité. Si les actions des fédérations, de l’ONCFS (actuel OFB)et des associations, conjuguées à la prise de conscience individuelle ont fait baisser de moitié le nombre d’accidents en 10 ans, nos efforts ne doivent pas s’arrêter là et c’est l’un des points primordial de la nouvelle loi chasse.

Nouvelle loi chasse : la sécurité est une priorité

Dans une logique de responsabilité, la loi consacre plusieurs articles à la sécurité. Toutes les fédérations diligentent déjà de nombreuses formations pour les chasseurs et/ou les organisateurs de battues.

Ces formations vont être généralisées par la mise en place d’une remise à niveau obligatoire tous les 10 ans.

Il ne s’agira pas d’un examen mais d’une formation pour reprendre les gestes de la sécurité, rappeler les situations d’accidents et les comportements à adopter lorsque l’on rencontre un usager de la nature non-chasseur, l’adaptation de l’arme au gibier chassé, etc. Tous les schémas départementaux de gestion cynégétique ont déjà un volet sécurité adapté au contexte du biotope et des modes de chasse locaux.

En plus de cette formation, afin de renforcer et d’homogénéiser certaines règles notamment pour les nombreux chasseurs détenteurs de permis nationaux, il est prévu lors d’actions collective de chasse à tir au grand gibier :

  • La généralisation du port du gilet fluorescent,
  • La pose de panneaux de signalisation temporaire.
  • Au sein de chaque FDC sera également mise en place une commission départementale de sécurité à la chasse, composée de membres du conseil d’administration de la Fédération.

Cette commission va permettre de demander au Préfet la rétention ou la suspension du permis de chasser d’une personne qui aurait commis un incident matériel grave ayant pu mettre en danger la vie d’autrui, ou en cas d’accident ayant entraîné la mort d’une personne ou involontairement causé une atteinte grave à l’intégrité physique d’une personne à l’occasion d’une action de chasse ou de destruction. Et ce, sans attendre la décision d’un jugement qui mettra plusieurs mois à suspendre le permis d’un chasseur manifestement dangereux.

2 fois moins d’accident en 10 ans !

Nos sociétés modernes veillent à réduire au maximum les risques d’accidents et cherchent systématiquement des responsables. Pour la chasse, cette évolution s’est traduite par l’examen pratique du permis de chasser, par des campagnes de sensibilisation à la sécurité, par l’établissement de règles et de codes, ainsi que par une analyse très fine des accidents de chasse. C’est le résultat de la sensibilisation des chasseurs à la sécurité, développée par les Fédérations des Chasseurs.

Comment éviter les accidents ?

Le nombre d’accidents diminue, c’est bien, mais un accident sera toujours un accident de trop. Même si le risque zéro n’existe pas, comment réduire encore les drames, jusqu’au seuil ultime de la fatalité ?

Tenir compte de l’environnement

Derrière la haie, le champ de maïs, le coin du bois, peut se trouver une personne totalement ou partiellement soustraite à la vue du tireur. Il est évident qu’on ne tire que vers un gibier clairement identifié, pas une simple forme. Tenir compte de l’environnement, c’est aussi tout simplement ne pas se laisser aveugler par le gibier et, cela paraît évident, ne pas tirer un gibier en direction des habitations et des routes.

Gibier à plume : prudence accrue

Certains gibiers se font un malin plaisir à vous offrir les plus belles occasions… en volant à moins de 2 mètres de haut, pour des tirs à l’horizontale. C’est le perdreau qui vous part dans les bottes ou dans la culotte dans les betteraves, c’est le faisan qui décolle d’une haie et ne veut pas monter, la bécasse crochetant malicieusement entre les baliveaux. Dans le premier cas, le tir est envisageable car la plaine est un milieu ouvert, offrant une bonne visibilité. Dans les autres cas, si l’on tient compte du fait que quelqu’un, pas forcément en fluo, peut se trouver caché par l’écran de végétation, mieux vaut s’abstenir. Nous sommes ici dans les circonstances typiques où le chasseur devra particulièrement tenir compte de l’environnement, ne pas se laisser aveugler par le gibier, ni tirer vers des habitations ou lieux ouverts au public. Une occasion ratée peut se retrouver ; un accident marque à jamais auteurs et victimes !

Vive le fluo !

La meilleure façon d’accroître la sécurité à la chasse est de ne pas causer d’accidents ! C’est la sécurité active. Mais on peut craindre la seconde d’inattention d’un chasseur qui ne tiendra pas compte de l’environnement, et prévenir l’accident en portant des vêtements qui nous rendront visibles de loin, même à travers un écran de végétation. C’est la sécurité passive. Le fluo, pour le chasseur, est parfois un déchirement. En effet, nous avons tous particulièrement aimé un chapeau d’un noble tissu délavé par les pluies, une vieille veste aux teintes d’automne usée par les ronces, nous donnant la sensation de nous fondre dans la nature… Et nous voici affublés de vêtements industriels criards. Dur… Et pourtant, porter un vêtement fluo lors des chasses en groupe est gage de sécurité ! Bien que ce ne soit pas quantifiable, il est certain que la généralisation du fluo à la chasse contribue à la baisse du nombre d’accidents.

On ne tire pas dans les 30°

La moitié des accidents de chasse surviennent lors d’une battue de grand gibier ! Nombre de ces accidents pourraient être évités en respectant une règle de base : celle des 30°. Le chasseur ventre au bois, ne doit pas tirer dans la traque – du moins, c’est généralement énoncé lors des consignes – mais seulement lorsque le gibier aura sauté l’allée, au-delà d’un angle de 30° qui garantit la sécurité des voisins. Pour matérialiser un angle de 30° vers la droite, le chasseur effectue 5 pas vers la droite puis 3 pas perpendiculairement et la même chose côté gauche. A la fin du troisième pas, il plante un repère (bâton ou autre). Le gibier sortant de l’enceinte traquée ne pourra être épaulé et tiré qu’après avoir franchi l’angle des 30°. En cas d’accident, la responsabilité du chasseur ayant tiré dans l’angle des 30° est systématiquement engagée ! Parfois, le layon est très étroit ou le bois très sale, rendant le tir quasiment impossible. Dans ce cas, mieux vaut s’abstenir ! L’organisateur de chasse peut élargir les layons ou ouvrir des zones de tir pour faciliter l’exercice de la chasse.

La moitié des accidents de chasse surviennent lors d’une battue au grand gibier ! Nombre de ces accidents pourraient être évités en respectant une règle de base : celle des 30°.
Willy Schraen,, Président de la Fédération Nationale des Chasseurs

Au rond

Tout acte de chasse, dès qu’il est pratiqué par plus d’une personne, comporte forcément un responsable. En battue et en particulier au grand gibier, ce responsable doit énoncer clairement, à tous les participants, les consignes de sécurité et de tir. Ces consignes sont données lors d’un rituel précédant la chasse, celui du rond, auquel tous les participants, chasseurs et traqueurs sont conviés. Les consignes verbales sont maintenant de plus en plus souvent doublées par des consignes écrites, remises au chasseur qui reconnaît en avoir pris connaissance et s’engage à les respecter en signant le registre de battue. En cas d’accident, la responsabilité du responsable de chasse n’ayant pas donné les consignes est systématiquement engagée. Au rond, chaque chasseur écoute en silence !

Faire baisser la fièvre du sanglier

Depuis les années 80, il s’est multiplié mais la fièvre du sanglier reste forte et conduit parfois les chasseurs à perdre leur sang-froid et à commettre des imprudences. Les chiffres sont éloquents : 69% des accidents en action de chasse au grand gibier concernent le sanglier alors qu’il ne représente que 49% des prélèvements. Pour établir une comparaison, le chevreuil représente 46% des prélèvements, pour 25% des accidents. Ceci est d’autant plus anormal que pour le sanglier, plus bas sur pattes que le chevreuil, les tirs sont plus « fichants » et devraient donc causer moins d’accidents pourtant aucun sanglier, fut-il celui de votre vie, ne mérite que vous mettiez en danger celle d’autrui !

  • 69%

    des accidents en action de chasse au grand gibier concernent le sanglier

  • 25%

    des accidents en action de chasse au grand gibier concernent le chevreuil

Faut-il se méfier des armes semi-automatiques ?

Bien que très répandues, elles sont parfois mal vues car elles ne se « cassent » pas, et la tentation est grande chez certains responsables de chasse de les bannir. S’il faut garder à l’esprit que ce n’est pas l’arme qui est dangereuse mais l’usage qui en est fait, force est de reconnaître qu’elles sont plus adaptées aux chasses au poste, en solitaire, qu’aux chasses actives, en groupe. L’usage d’une arme semi-automatique en groupe doit se traduire par des précautions accrues : toujours dirigée vers le ciel et, lors des déplacements, culasse ostensiblement en arrière, ouverte et coincée par une douille en travers.

Avec le temps, l’attention se relâche

« Méfiez-vous des jeunes chasseurs : ils manquent d’expérience et sont plus dangereux que les anciens ! » Cette affirmation péremptoire, nous l’avons tous entendue et pourtant, dans les faits, c’est tout le contraire ! A cela deux raisons principales : les plus jeunes chasseurs ont passé le permis avec une épreuve pratique ; la majorité des plus de 52 ans n’ont passé aucune épreuve puisque l’examen a été instauré en 1976. Ensuite, avec la pratique, on acquiert certes de la sagesse mais aussi des habitudes, et des automatismes, on a davantage confiance en soi et on oublie parfois les règles élémentaires. A la chasse comme au volant, l’expérience n’autorise pas la négligence. Il ne faut jamais relâcher son attention, surtout après de nombreux permis !

A la chasse comme au volant, l’expérience n’autorise pas la négligence.
Nicolas Rivet,, Directeur Général de la FNC

Signalez vos chasses

Les autres usagers de la nature, de plus en plus nombreux, ne sont pas forcément informés des jours de chasse. Pour les prévenir, n’hésitez pas à poser des pancartes sur les chemins traversant les zones chassées avec un message du type « Aujourd’hui, nous chassons : ensemble, soyons vigilants ». Elles doivent être posées le matin de la chasse et enlevées dès la fin. Vous pouvez également afficher le calendrier des jours de battues. Pour les grands massifs, c’est facile. Pour les petites chasses, c’est moins évident.

Vous avez des questions concernant la sécurité ? Vérifiez que notre FAQ n’y réponde pas. Sinon, n’hésitez pas à nous contacter.


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