Si l’ours brun, le lynx et le loup font aujourd’hui partie du patrimoine naturel de nos campagnes, leur développement ne doit pas mettre à mal 50 années d’efforts pour la réhabilitation des populations de grands ongulés en France.

Une approche pragmatique du dossier

Une gestion différenciée et adaptative de ces espèces

La FNC est particulièrement vigilante et préfère une approche pragmatique sur ce dossier. Sans qu’elles ne soient sacralisées et mises sur un piédestal ce qui n’apporte strictement rien à leur conservation, la présence de ces espèces doit rester en équilibre avec les activités socio-économiques telles que la chasse et l’élevage, et être compatible avec le niveau d’acceptation des populations rurales. On ne peut plus parler de la chasse aujourd’hui, sans aborder le problème du loup et la position de la FNC est très claire sur le sujet : « nous n’avons jamais été contre le retour du loup en France, à condition que celui-ci garde un effectif compatible avec le milieu qui l’entoure » explique le président Willy Schraen.

« Notre pays n’est pas une réserve écologique grandeur nature, à l’image du parc de Yellowstone aux États-Unis. Le loup peut être présent chez nous, à condition qu’il soit géré dans ses effectifs, pour qu’on ne dépasse pas un certain seuil qui serait problématique vis-à-vis des activités économiques, de la population rurale et de façon générale avec la vie des territoires. Je crois maintenant que la fin de la récréation écologique doit être fermement sifflée par l’État. Quoi qu’en pensent certains, le loup ne remplacera ni les éleveurs, ni les chasseurs, ni les ruraux en général », expliquait Willy Schraen lors du congrès de la FNC du 4 mars 2020.

Le loup : un Plan National d’Actions (PNA) à 30 millions d’euros par an

Avec près de 100 zones de présence permanente et 80 meutes, ses effectifs ne cessent de croître et ce, malgré l’augmentation des prélèvements. Tout laisse à penser que la population de loups en France est en forte expansion et ses effectifs sous-estimés. Officiellement, de dédommagement en indemnisation, le chiffre avancé par l’État du coût du « dossier loup » s’écrit autour de 31 millions d’euros par an.

Cela, sans intégrer les coûts indirects consacrés à la gouvernance du dossier, à la gestion administrative ou à la recherche. « Je vais être clair sur ce sujet, même à coups de millions d’euros, les bergers resteront ma préférence sans hésiter. Il est inconcevable de continuer à acheter la paix sociale et économique comme l’État le fait aujourd’hui, sans décider clairement de ramener le loup à un effectif beaucoup plus raisonnable » a déclaré récemment le président Willy Schraen.

La population de loups, aujourd’hui estimée à 580 animaux, a atteint ainsi son seuil de viabilité démographique sur notre territoire et peut donc être considérée comme étant dans un bon état de conservation en France. En Europe, la population est estimée à 17 000 loups. La FNC – au-delà de tout dogmatisme – serait favorable à un déclassement du loup de la liste des espèces strictement protégées de la directive Habitats Faune Flore, où à minima, à plus de flexibilité dans la mise en œuvre des protocoles d’intervention en dérogation à sa protection stricte. L’objectif est de faciliter la mise en œuvre des tirs de prélèvements lors d’actions de chasse au grand gibier sur les foyers de prédation afin de faire diminuer l’intensité de prédation sur les exploitations d’élevage.

C’est pourquoi en 2019, le gouvernement a fait évoluer les mesures du PNA sur le loup : une nouvelle feuille de route a été élaborée entre le Préfet coordonnateur, le ministère de la transition écologique et le ministère de l’Agriculture et présentée aux membres du Groupe National Loup (GNL). Dans ce cadre, l’arrêté du 26 juillet 2019 prévoyait que jusqu’à la fin de l’année, diverses dispositions de destruction du loup puissent être accordées par les préfets ; Entre autres dispositions, le relèvement du seuil de destruction à 17% de la population estimée avec possibilité de relèvement du plafond de 2% supplémentaires, soit 100 loups pouvant être prélevés pour cette année 2019.

La FNC accueille avec bienveillance la mise en place d’une gestion adaptative de cette espèce, contribuant à désacraliser le loup qui avait été mis sur un piédestal en France.

La FNC accueille avec bienveillance la mise en place d’une gestion adaptative de cette espèces, contribuant à désacraliser le loup qui avait été mis sur un piédestal en France. Pour autant, les fédérations des chasseurs déplorent que la feuille de route post 500 loups soit malheureusement exclusivement centrée sur la protection des activités d’élevage avec peu de considération pour les autres activités socio-économiques pratiquées sur les territoires et notamment la chasse ; que l’État, faute de moyens, mette en place une gestion des populations de loups inégale selon les massifs et régions, tendant à privilégier les surpopulations de loups sur le massif alpin ; et enfin, que l’Administration préfère la mobilisation d’agents de l’État (brigade mobile d’intervention, lieutenants de louvèterie) pour la mise en place de tirs de défense (près de 2 000 délivrés avec un résultat / coût / efficacité catastrophique), au détriment de simples tirs en action de chasse au grand gibier à proximité des exploitations, qui pourraient être faits, avec l’appui des fédérations et sous leur contrôle.

Les dommages aux activités d’élevage dépassent 30 millions d’euros/an mais qu’en est-il des frais administratifs de gestion qui doivent augmenter la facture de 50 % ?
Willy Schraen, Président de la Fédération Nationale des Chasseurs

Les Fédérations demandent donc à ce que cette problématique soit gérée de façon efficace et moins onéreuse pour le contribuable, et que l’impact sur les grands ongulés et la pratique de la chasse soient clairement expertisé. André Mugnier, président de la commission Grands Prédateurs à la FNC l’a annoncé en mars 2020 : « à la fin de cette année nous tiendrons un congrès extraordinaire sur le loup en France, avec nos amis du monde agricole, et d’autres composantes de la ruralité. Il en ressortira à mon avis beaucoup de colère, et sûrement d’autres choses si l’État continue de prendre la situation à la légère ! »

Le lynx : un premier Plan National d'Action (PNA)

Avec un effectif estimé entre 95-151 individus, la croissance de la population diffère selon les massifs. Le Jura concentre l’essentiel des effectifs ; les Vosges totalisent 2 individus et les Alpes, de 13 à 21 individus.

La FNC et ses Fédérations des chasseurs participent activement à l’élaboration du nouveau PNA visant à la reconstitution de populations naturelles de Lynx en France et y défend le maintien de populations de grands ongulés en bonne densité, en bon état de conservation, une coexistence avec les activités cynégétiques et la participation du monde de la chasse aux programmes de recherche et de suivi. Les Fédérations des chasseurs de l’Ain, du Jura et de Haute Savoie sont proactives sur la conservation de cette espèce et investissent des centaines de milliers d’Euros avec l’appui de la DREAL, des Conseils Départementaux et de la Fédération Nationale des Chasseurs, dans un programme de recherche prédateurs proies Lynx, en collaboration avec l’OFB et le CNRS qui en ont validé le protocole.

Une feuille de route « pastoralisme et ours » mise en place

Avec un effectif estimé de 150 ours au début du XXe siècle, la population a été en baisse constante jusqu’à ne plus représenter qu’un noyau résiduel de 5 individus, localisé en Béarn, en 1995. Une opération de réintroduction a permis d’établir à ce jour une population de plus de 50 ours, population qui croît lentement depuis 2006.

Accompagner les éleveurs face aux difficultés qu’ils rencontrent.

Dans le cadre du plan d’actions ours brun 2018-2028 et du fait de l’augmentation sensible des dommages aux activités d’élevage sur l’ensemble de la chaîne pyrénéenne et notamment en Ariège, l’État vient de fixer une feuille de route avec les principales mesures qui seront mises en œuvre pour accompagner les éleveurs face aux difficultés qu’ils rencontrent. Comme pour le loup, cette feuille de route s’articule autour du renforcement des moyens de prévention et d’indemnisation, de la mise en place de tirs d’effarouchement et d’une gouvernance régionale (groupe de travail pastoralisme et loup à l’échelle du massif) animée par un préfet coordinateur. Les préfets, chargés de décliner cette feuille de route dans les départements, ont installé les comités départementaux avant la fin du 1er semestre 2019.

Le Groupe de Travail Grands Prédateurs de la FNC a pu faire une analyse comparative des mesures de prévention, formation, information « ours et chasse » mises en place dans les différents départements de France. Les Fédérations des chasseurs de la chaîne pyrénéenne sont dans un processus d’échange constant avec la DDTM et les Préfets pour trouver des solutions de coexistence au plus proche du terrain. La FRC Occitanie siège désormais au groupe de travail régional.


Découvrez aussi