Elle assure des fonctions essentielles à la survie des sociétés, telles que la régulation du climat, la purification de l’air et de l’eau, la pollinisation des cultures ou encore la fourniture de matières premières. Toutefois, depuis plusieurs décennies, la biodiversité subit une dégradation sans précédent, à tel point que de nombreux scientifiques évoquent aujourd’hui une sixième extinction de masse, d’origine anthropique, c’est-à-dire provoquée par les activités humaines (Pollution, Espèces envahissantes, Surexploitation, Changement climatique, Conversion des habitats…). Cette crise, a des répercussions profondes sur la stabilité des écosystèmes, la sécurité alimentaire, la santé humaine et même l’économie mondiale.

D’après le sixième rapport du GIEC (AR6, 2021), le réchauffement planétaire de 1,1 °C déjà observé par rapport à l’ère préindustrielle a des conséquences irréversibles sur de nombreux écosystèmes.

La destruction et la fragmentation des habitats : facteur majeur d’érosion de la biodiversité

1. L’urbanisation croissante

La conversion des milieux naturels en espaces urbains et industriels est l’un des premiers facteurs de la destruction des habitats. La croissance démographique mondiale et l’exode rural, combinée à l’urbanisation galopante, exerce une pression sans précédent sur les territoires naturels. Les forêts, les zones humides, les prairies et les littoraux sont transformés pour satisfaire les besoins en logements, en infrastructures de transport et en activités économiques. Les milieux naturels sont ainsi découpé en petits fragments isolés à cause des activités humaines.

La fragmentation des habitats est une conséquence directe de cette artificialisation. Elle isole les populations animales et végétales, limitant leurs déplacements et leurs capacités d’adaptation aux changements environnementaux. Ce phénomène réduit la diversité génétique au sein des espèces, augmentant leur vulnérabilité face aux maladies et aux aléas climatiques.

2. L’artificialisation des sols

Cette artificialisation des sols réduit drastiquement les espaces disponibles pour la faune et la flore, conduisant à la diminution des populations d’espèces et à l’homogénéisation des paysages. Par ailleurs, l’imperméabilisation des sols perturbe les cycles hydrologiques et favorise l’érosion, contribuant à la dégradation des écosystèmes.

L’expansion des activités agricoles

La conversion des milieux naturels en terres agricoles constitue l’une des premières causes de la dégradation de la biodiversité. Plus de 75% des terres émergées sont aujourd’hui altérées de manière significative par les activités humaines, principalement l’agriculture intensive.

L’expansion des monocultures, telles que le soja en Amérique du Sud ou l’huile de palme en Asie du Sud-Est, conduit à la disparition de vastes étendues de forêts tropicales, de savanes et de zones humides, habitats naturels de nombreuses espèces endémiques. Cette tendance est particulièrement visible dans l’Amazonie brésilienne, où la déforestation à grande échelle met en péril des milliers d’espèces végétales et animales.

De plus, l’usage de produits phytosanitaires (pesticides et herbicides) dans l’agriculture intensive perturbe gravement les écosystèmes environnants. Ces substances contaminent les sols, les nappes phréatiques et les cours d’eau, affectant la flore et la faune, en particulier les pollinisateurs tels que les abeilles.

La surexploitation des ressources naturelles

1. La surpêche et la dégradation des milieux marins

La surexploitation des ressources halieutiques constitue une menace majeure pour la biodiversité marine. La FAO estime qu’environ 34% des stocks de poissons mondiaux sont surexploités. Cette surexploitation est exacerbée par des pratiques de pêche destructrices, telles que le chalutage en eaux profondes, qui endommage les fonds marins et les habitats essentiels comme les récifs coralliens.

La pêche illégale, non déclarée et non réglementée contribue également à l’épuisement des ressources marines, fragilisant les écosystèmes océaniques. Outre les espèces ciblées, de nombreuses autres espèces, notamment les dauphins, les tortues marines et les requins, sont victimes de prises accessoires entraînant des déséquilibres au sein des chaînes alimentaires marines.

2. La surexploitation des forêts et de la faune sauvage

La déforestation pour l’exploitation du bois, qu’elle soit légale ou illégale, contribue de manière significative à la dégradation des habitats forestiers. Cette exploitation déséquilibrée menace les forêts primaires, véritables réservoirs de biodiversité.

Par ailleurs, le braconnage pratiqué par exemple pour alimenter le trafic d’espèces constitue l’un des marchés illégaux les plus lucratifs au monde, estimé par l’ONU à plusieurs milliards de dollars par an.

Le changement climatique : un facteur aggravant

D’après le sixième rapport du GIEC (AR6, 2021), le réchauffement planétaire de 1,1 °C déjà observé par rapport à l’ère préindustrielle a des conséquences irréversibles sur de nombreux écosystèmes.

1. La perturbation des écosystèmes terrestres

Le réchauffement climatique a des effets directs sur la biodiversité terrestre. L’élévation des températures modifie les zones de répartition des espèces, les cycles de reproduction et les phénomènes de migration. Certaines espèces, incapables de s’adapter ou de migrer vers des zones plus propices, voient leurs populations décliner rapidement.

Les écosystèmes polaires et de haute montagne sont particulièrement vulnérables. La fonte accélérée des glaciers et des calottes glaciaires réduit les habitats des espèces adaptées au froid, telles que l’ours polaire ou le léopard des neiges. De plus, les événements climatiques extrêmes (sécheresses prolongées, canicules, incendies de forêts) se multiplient, accentuant la dégradation des habitats naturels.

2. Les impacts sur les écosystèmes marins

L’augmentation de la température des océans provoque des phénomènes de blanchissement massif des récifs coralliens. En effet, les coraux sont incapables de survivre à des températures trop élevées

Par ailleurs, l’acidification des océans, conséquence de l’absorption accrue de CO₂, affecte la calcification des organismes marins comme les mollusques, les crustacés et les coraux. Ces perturbations ont des effets en cascade sur l’ensemble des réseaux trophiques marins.

La pollution généralisée des milieux naturels

1. La pollution des sols et de l’eau

Les polluants issus de l’agriculture, de l’industrie et des activités domestiques contaminent massivement les sols et les milieux aquatiques. Les engrais riches en azote et en phosphore provoquent des phénomènes d’eutrophisation dans les lacs et les rivières, conduisant à la formation de zones hypoxiques où la vie aquatique est pratiquement impossible.

La pollution des sols perturbe les communautés microbiennes, essentielles à la fertilité des terres et au recyclage des nutriments. Ces déséquilibres impactent également les réseaux alimentaires, mettant en péril la survie de nombreuses espèces végétales et animales.

2. La pollution plastique
Le GIEC met également en lumière l’interaction entre la pollution plastique et le changement climatique. Les microplastiques présents dans les océans peuvent altérer le fonctionnement des pompes biologiques marines, essentielles pour le stockage du carbone. Cette perturbation limite la capacité des océans à séquestrer le dioxyde de carbone, aggravant ainsi l’effet de serre (GIEC, AR6, 2021).

La pollution plastique représente une menace croissante pour la biodiversité, en particulier dans les milieux marins. Chaque année, plus de huit millions de tonnes de déchets plastiques finissent dans les océans, affectant directement la faune marine.

Les animaux marins, tels que les tortues, les cétacés et les oiseaux de mer, ingèrent des fragments de plastique ou s’y empêtrent, souvent avec des conséquences mortelles. Les microplastiques, quant à eux, sont désormais présents dans l’ensemble des chaînes alimentaires, y compris dans des produits de consommation humaine.

Les espèces exotiques envahissantes

Le GIEC souligne que le réchauffement climatique favorise l’expansion des espèces exotiques envahissantes en modifiant les aires de répartition des espèces. Ce phénomène est déjà observable dans les zones tempérées, où des espèces comme le moustique tigre (Aedes albopictus) s’implantent durablement, créant de nouveaux déséquilibres écologiques (GIEC, AR6, 2021).

L’introduction, volontaire ou accidentelle, d’espèces exotiques dans des écosystèmes où elles ne sont pas naturellement présentes constitue une cause majeure de perte de biodiversité. Ces espèces envahissantes entrent en compétition avec les espèces locales pour les ressources, perturbent les écosystèmes et peuvent même entraîner l’extinction d’espèces autochtones.

Le frelon asiatique en Europe, la jacinthe d’eau dans les cours d’eau africains, ou encore le lapin en Australie sont des exemples emblématiques d’espèces invasives ayant des impacts considérables sur la biodiversité locale.

Ces invasions sont facilitées par la mondialisation des échanges commerciaux et le réchauffement climatique, qui élargit les zones de répartition potentielles de ces espèces.

La dégradation de la biodiversité résulte d’un enchevêtrement complexe de facteurs, parmi lesquels la destruction des habitats, la surexploitation des ressources naturelles, le changement climatique, la pollution et les espèces envahissantes occupent une place prépondérante. Ces causes sont étroitement liées aux activités humaines et à un modèle de développement basé sur la croissance économique illimitée.

Si cette tendance n’est pas rapidement inversée, les conséquences pour l’humanité seront dramatiques : appauvrissement des ressources alimentaires, augmentation des risques sanitaires, perturbation des cycles climatiques et économiques, et effondrement des services écosystémiques essentiels à notre survie.

Quelles solutions pour sauvegarder la biodiversité ?

Le GIEC insiste sur la nécessité de solutions fondées sur la nature pour atténuer les effets du changement climatique. Ces solutions comprennent la restauration des écosystèmes dégradés, la reforestation et la conservation des zones humides, qui sont des puits de carbone naturels et des réservoirs de biodiversité. Le rapport AR6 précise que ces mesures peuvent permettre de stocker jusqu’à 30 % des émissions mondiales de CO₂ nécessaires à la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Face à cette situation, la mise en œuvre de politiques publiques ambitieuses, de modes de production et de consommation plus durables, ainsi que la sensibilisation des populations  à ces enjeux apparaissent comme des leviers incontournables pour préserver la biodiversité et assurer la pérennité de la vie sur Terre. La restauration des écosystèmes dégradés est une des conditions sine qua non pour enrayer cette crise et préserver le patrimoine naturel de l’humanité.

Les stratégies de préservation de la biodiversité

La préservation de la biodiversité constitue un enjeu crucial pour l’avenir de la planète, tant en termes écologiques qu’économiques et sociaux.  il devient impératif de mettre en œuvre des solutions concrètes, articulées autour de plusieurs axes complémentaires.

Le GIEC insiste sur la nécessité de solutions fondées sur la nature pour atténuer les effets du changement climatique. Ces solutions comprennent la restauration des écosystèmes dégradés, la reforestation et la conservation des zones humides, qui sont des puits de carbone naturels et des réservoirs de biodiversité. Le rapport AR6 précise que ces mesures peuvent permettre de stocker jusqu’à 30 % des émissions mondiales de CO₂ nécessaires à la neutralité carbone à l’horizon 2050.

1. L’agriculture durable

Par ailleurs, la transition vers des modèles économiques et agricoles durables s’impose comme une condition essentielle à la préservation des équilibres écologiques. Cela implique notamment une gestion raisonnée des ressources naturelles, la réduction de l’usage des intrants chimiques, ainsi que la promotion de pratiques agroécologiques. Dans ce contexte, la régulation de l’exploitation des ressources biologiques, qu’il s’agisse de la pêche ou de la sylviculture par exemple, demeure indispensable afin de garantir leur renouvellement à long terme.

L’introduction d’instruments économiques incitatifs, tels que les paiements pour services écosystémiques ou la fiscalité verte, représente également un levier efficace pour encourager des comportements respectueux de la biodiversité. Ces mécanismes permettent de valoriser économiquement les fonctions écologiques assurées par les écosystèmes et de responsabiliser les acteurs publics et privés.

2. Conservation et restauration

L’un des fondements de cette démarche repose sur le renforcement des politiques de conservation des écosystèmes naturels. Cela inclut la création et la gestion efficace d’aires protégées, la limitation de la fragmentation des habitats, ainsi que la lutte contre les espèces exotiques envahissantes. Toutefois, la protection passive ne suffit plus : elle doit impérativement être accompagnée de mesures actives de restauration écologique, en particulier dans les zones altérées par les activités anthropiques telles que l’agriculture intensive, l’urbanisation ou l’exploitation minière.

3. La nature est dans l’ADN des chasseurs

Les chasseurs, qui sont des citoyens engagés vivent la nature au quotidien. Ils sont les premiers témoins des changements qui affectent les milieux et les écosystèmes Ils ont compris, depuis longtemps, les enjeux liés à la sauvegarde de la biodiversité. Ils en sont des acteurs incontournables et reconnus. Leur action est plurielle. Ils agissent tout au long de l’année, de manière concrète et efficace sur les territoires ruraux pour préserver l’environnement, aménager ou restaurer les biotopes, et protéger la faune qu’il s’agisse d’espèces chassables ou non.

Le réseau associatif de la chasse se mobilise en faveur de la biodiversité au travers d’actions de terrain comme des restaurations de zones humides, des plantations de haies, des couverts d’intérêts faunistiques et floristiques ou encore des systèmes anticollisions pour la faune sauvage sur le bord des routes. Les chasseurs se sont dotés de programmes collaboratifs pour agir au service de l’environnement, quantifier leurs actions, les faire connaître et profiter d’un échange d’expériences.

Le dispositif écocontribution créé par la loi chasse de juillet 2019 est une dotation obligatoire des chasseurs assortie à un soutien de l’État dans le but de financer la mise en œuvre d’actions concrètes, proposées par les Fédérations de chasseurs au service de la biodiversité. Ces projets, sélectionnés sur dossiers sont évalués en totale transparence tout au long de leur mise en œuvre.

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