Canicules et incendies : gardons tous la tête froide !
Willy Schraen, président de la FNC appelle à privilégier les faits, le terrain et des décisions locales et proportionnées sans moratoire.
Cet été encore, la France a brûlé. Canicule, sécheresse, incendies : des milliers d’hectares sont partis en fumée, des habitants ont été évacués, des agriculteurs durement éprouvés et la faune sauvage frappée de plein fouet.
Et puis il y a les images. Elles tournent en boucle. Forêts en flammes, sols calcinés, paysages lunaires, animaux assoiffés, blessés ou désorientés. Des images qui bouleversent.
Alors, les réseaux sociaux s’emballent. Le bruit médiatique enfle, chacun craignant de passer à côté du « buzz » de l’été.
L’émotion devient indignation. Et l’indignation finit, comme souvent, par chercher un coupable.
Il y a près de 25 ans, Jacques Chirac lançait cette phrase restée célèbre : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs.»
Aujourd’hui, notre maison brûle toujours. Mais certains ne regardent plus ailleurs : ils pointent leur regard vers les chasseurs. Ils s’empressent alors de transformer l’émotion légitime en procès politique de la chasse.
Un cocktail anti-chasse
Tous les ingrédients étaient donc réunis pour servir, à quelques jours de l’ouverture, un cocktail anti-chasse particulièrement corsé.
Et Sandrine Rousseau s’est chargée d’y ajouter le dernier ingrédient. Prenant précisément prétexte des animaux qui auraient « énormément souffert cet été », elle a appelé ses sympathisants à se rendre dans les forêts et les campagnes, à l’ouverture de la chasse, pour « empêcher » celle-ci et se tenir « debout, face à eux, physiquement ».
Là, nous ne sommes plus dans l’émotion. Nous sommes dans son instrumentalisation politique la plus irresponsable. Car appeler à la confrontation physique entre des citoyens dans nos campagnes n’a plus rien à voir avec le débat démocratique.
Quand les chasseurs répondent présents
Pendant que certains attisent les tensions, les chasseurs, eux, agissent.
Dans les Landes, à Biscarrosse, plus de 20 chasseurs bénévoles se sont relayés pendant une dizaine de jours. 10 000 repas ont été servis, jusqu’à 1 000 par jour, notamment à quelque 600 pompiers, 100 gendarmes, 50 agriculteurs…
En Gironde, 12 m2 de denrées et de boissons ont été collectés. Des chasseurs ont apporté un soutien logistique aux pompiers et aux équipes mobilisées. Après les flammes, près de 300 points d’eau et d’alimentation ont été installés pour aider la faune sauvage.
Dans le Rhône, les chasseurs et les sapeurs-pompiers ont maillé la forêt du département et de la métropole de Lyon de points de rencontre pour accélérer les secours. L’objectif est de couvrir l’intégralité de la forêt d’ici la fin de l’été 2026.
En Charente-Maritime, plus de 7 700 euros ont été recueillis dans le cadre d’une cagnotte solidaire.
Cette réalité-là fait moins de bruit. Mais c’est celle du terrain.
Pendant que certains attisent les tensions, les chasseurs, eux, agissent. Cette réalité-là fait moins de bruit. Mais c’est celle du terrain.Willy Schraen, Président de la FNC
Adapter sans interdire
Et c’est précisément parce que les chasseurs sont sur le terrain qu’ils savent qu’en présence de circonstances exceptionnelles, il faut savoir adapter localement et temporairement leurs pratiques. Les chasseurs l’ont toujours fait et continueront à le faire.
Les décisions doivent rester locales, proportionnées, transitoires et fondées sur la situation réelle des populations et des milieux.
Il n’est pas envisageable que chaque épisode de canicule ou chaque incendie serve de prétexte à réclamer un nouveau moratoire de la chasse.
Bon sens et cohérence
La gestion de la faune sauvage se fait territoire par territoire, espèce par espèce, avec ceux qui connaissent le terrain. Pas depuis Paris en regardant une carte météo.
Il faut être cohérent.
On ne peut pas exiger des chasseurs qu’ils assurent une mission de régulation le lundi et vouloir leur interdire de chasser le mardi.
Une image, aussi bouleversante soit-elle, ne peut pas tenir lieu de politique de gestion de la faune sauvage. Pas davantage qu’une vague de chaleur ne peut justifier des interdictions générales décidées sous la pression de l’émotion.
Et surtout, le réchauffement climatique ne donne à personne le droit d’appeler à la confrontation physique avec ceux qui ne partagent pas ses convictions.
Face aux incendies et aux canicules, aux images choc, au brouhaha médiatique et à leur instrumentalisation politique, une chose est, plus que jamais, nécessaire : garder tous la tête froide.