Lagopède alpin et grand tétras : la FNC réclame des moratoires plutôt qu’une interdiction définitive
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a signé les arrêtés inscrivant le lagopède alpin et le grand tétras sur la liste des espèces protégées. La FNC et les fédérations concernées vont saisir le Conseil d’État pour en demander l’annulation.
Publiés au Journal officiel du 8 septembre, les 2 arrêtés inscrivant le lagopède alpin et le grand tétras sur la liste des espèces protégées ont suscité la colère et l’incompréhension de la FNC et des fédérations départementales concernées.
La FNC et les fédérations départementales des chasseurs refusent une interdiction définitive de la chasse et réclament le recours à des moratoires reconductibles, permettant de réévaluer régulièrement la situation des populations et de prendre des décisions en fonction de l’état de conservation de l’espèce.
Pour la FNC, cette solution s’inscrit dans la jurisprudence du Conseil d’État : suspendre la chasse lorsque les circonstances l’imposent, sans faire basculer définitivement une espèce vers un statut de protection stricte.
Au-delà de la question juridique, la FNC alerte sur les conséquences de ces décisions. Écarter les chasseurs, alors qu’ils participent au suivi de ces espèces et à la conservation de leurs habitats, serait contre-productif. Un moratoire permet de maintenir cette mobilisation sur le terrain ; une protection va logiquement entraîner l’abandon de ces actions.
Dans le massif vosgien, où il n’est plus chassé depuis le début des années 1970, l’espèce a aujourd’hui disparu. L’absence de chasse depuis plusieurs décennies n’a pas permis d’enrayer son déclin.
Un avertissement
La situation du grand tétras dans les Vosges et le Jura doit servir d’avertissement. L’absence de chasse depuis plusieurs décennies n’a pas permis d’enrayer son déclin. Dans le massif vosgien, où il n’est plus chassé depuis le début des années 1970, l’espèce a aujourd’hui disparu.
Pour la FNC, protéger une espèce ne peut donc pas se résumer à en interdire la chasse. Il est indispensable de suivre ses populations, de préserver ses habitats et donc de maintenir l’engagement de ceux, à savoir les chasseurs, qui agissent sur le terrain.
Ces décisions ministérielles, présentées comme une avancée pour la protection de ces espèces, risquent d’avoir des effets contraires à ceux recherchés et d’aboutir à une régression environnementale qu’elles sont précisément censées combattre.