Le ministère de la Transition écologique a expliqué que les éventuelles suspensions de chasse liées aux incendies, à la sécheresse et à la canicule seraient décidées département par département. Les préfets sont invités à apprécier, au cas par cas, la situation des milieux et des espèces en cas notamment d’incendie ou de calamité susceptible de favoriser la destruction du gibier.

Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a envoyé vendredi aux préfets une instruction leur rappelant la possibilité de suspendre la chasse au gibier d’eau dans tout ou une partie de leur département, selon la situation après les canicules et les incendies.

Les préfets sont invités à « apprécier localement l’opportunité d’avoir recours à l’article R.424-3 du code de l’environnement pour tenir compte de la situation constatée dans le département », indique ce courrier. Cet article indique qu’« en cas de calamité (…) susceptible de provoquer ou de favoriser la destruction du gibier, le préfet peut, pour tout ou partie du département, suspendre l’exercice de la chasse soit à tout gibier, soit à certaines espèces de gibier » et « la suspension s’étend sur une période de dix jours maximum, renouvelable. En raison de l’urgence et des dates d’ouverture anticipée de la chasse, « la mise en œuvre de cette disposition (…) ne nécessite pas, par principe, de consulter la commission départementale de de la chasse et de la faune sauvage, ou de soumettre votre décision à la consultation du public », poursuit le texte.

Pour la FNC, une interdiction généralisée à toutes les espèces, sur la totalité d’un département, pourrait avoir des effets contre-productifs. La FNC défend donc des «discussions au niveau local et au cas par cas». A titre d’exemple, dans le cas des sangliers, si rien n’est fait, ils vont voir leur population exploser l’année suivante et poser des problèmes vis-à-vis du monde agricole en engendrant des dégâts dans les cultures.

Il est évident que l'on tient compte de tout ce qu'il s'est passé cet été. Il y aura plein d'endroits où il n'y aura pas de chasse.
Willy Schraen, Président de la FNC

Pour Willy Schraen,  le président de la FNC, « il est évident que l’on tient compte de tout ce qu’il s’est passé cet été. Il y aura plein d’endroits où il n’y aura pas de chasse.» Les suspensions en raison des conditions climatiques, «ça arrive tout le temps, tous les ans», assure-t-il, notamment en période d’inondations.  «Les plans de chasse sont sans cesse revus » ajuste-il. «Tirer sur ces animaux affaiblis, ça n’a aucun intérêt pour les chasseurs. Personne ne veut les anéantir alors qu’ils ont déjà vécu un enfer. Et ça ne nous intéresse pas de nous promener sur des territoires désertiques qui ressemblent à la face de la Lune » conclut-il.

Ces prises de positions interviennent après la campagne de l’ASPAS auprès de 44 préfets pour interdire la chasse et une pétition « pas de fusils sur les cendres » dépassant les 500 000 signatures.

Pourquoi c’est important : pour les FDC, la veille doit être locale : un arrêté préfectoral peut modifier très rapidement les conditions d’exercice de la chasse alors que la saison débute. Face aux anti-chasse qui prennent le prétexte des conditions climatiques pour demander son interdiction,  il faut mettre en avant les situations réellement documentées sur le terrain face à des demandes générales de suspension.

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