À l’occasion du congrès de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) qui s’est tenu à Deauville les 18 et 19 mars, l’IFOP a présenté une étude commandée par la FNC, conduite en 2025, auprès de plus de 9000 ex-chasseurs ainsi que de 3 000 Français représentatifs.

Cette enquête consacrée à la chasse en France : freins, leviers et perspectives de développement met en exergue un point central : malgré un débat public souvent polarisé, la chasse bénéficie d’un socle d’adhésion significatif et d’un potentiel de renouvellement bien identifié.

Une pratique en phase avec les nouvelles attentes sociales

La chasse apparaît aujourd’hui comme une activité en résonance avec des attentes contemporaines fortes.

Loin de l’image d’un loisir en déclin, la chasse bénéficie d’atouts  : immersion dans la nature, dimension collective, utilité sociétale et ancrage territorial. Elle s’inscrit dans une dynamique où les individus recherchent des loisirs plus « concernant », durables et porteurs de valeurs.

Rappelons que loin des idées reçues, une part importante de la population exprime une opinion favorable à la chasse.

L’étude de l'IFOP met en évidence une pratique capable de répondre à des aspirations croissantes en matière de nature, d’engagement et de sociabilité.

Un vivier de nouveaux pratiquants bien identifié

L’étude révèle un réel potentiel de développement. 7% des Français sont considérés comme des  prospects pour la chasse, c’est-à-dire prêt à franchir le pas et 10% comme curieux, soit 17% de la population potentiellement mobilisable. À l’inverse, 25% adoptent une plus posture prudente.

Parmi les « prospects », 68% sont des hommes, contre 52% dans la population générale, et ils sont surreprésentés dans les territoires ruraux ou périurbains (63% résident hors grandes agglomérations). Ils sont également fortement connectés à la nature : 64% pratiquent une activité de plein air, et près d’un sur deux (47%) ont un chasseur dans leur entourage.

Au chapitre de leur motivation, 40% évoquent la recherche d’une activité sportive de nature, 22% la consommation de viande locale et la régulation des espèces, 18% la convivialité et l’ancrage territorial, 11% la relation avec le chien, et 10% l’intérêt pour le maniement des armes.

Un fort potentiel de retour chez les anciens pratiquants

La chasse dispose également d’un levier majeur à travers la reconquête de ses anciens pratiquants. L’étude montre que 54% des ex-chasseurs envisagent de reprendre la chasse dans les prochaines années, un niveau particulièrement élevé.

Ce potentiel repose sur une diversité de profils. Les « abandonnistes » se répartissent entre 20% de profils vieillissants, 15% d’exclus économiques, 11% contraints familiaux, 10% désenchantés du petit gibier, 9% contraints professionnels, 6% mal intégrés et 3% repentis éthiques.

Certains de ces profils présentent un potentiel de retour particulièrement élevé : 74% des contraints familiaux envisagent une reprise, 65% des profils économiques, et encore 33% des profils vieillissants, malgré des contraintes de santé. Ces chiffres illustrent sans équivoque le caractère réversible de l’abandon.

Par ailleurs, l’entrée dans la chasse reste très largement dépendante des relations personnelles et du fait d’avoir dans son entourage un ou des chasseurs. Or, cette logique entretient l’image d’une communauté fermée.

Des freins identifiés souvent conjoncturels mais aussi informationnels

Les freins à la pratique sont clairement identifiés dans l’étude. Ils relèvent d’abord de contraintes individuelles : santé dégradée chez les plus âgés, manque de temps pour les actifs ou coût global de la pratique jugé trop élevé.

L’étude met aussi en évidence un déficit d’information. Une partie des publics intéressés ignore encore les modalités d’accès à la chasse. Certains ne savent pas qu’un permis est nécessaire, ni comment s’inscrire dans un parcours de formation, ce qui crée un effet d’auto-exclusion.

Par ailleurs, l’entrée dans la chasse reste très largement dépendante des relations personnelles et du fait d’avoir dans son entourage un ou des chasseurs. Or, cette logique entretient l’image d’une communauté fermée.

L'évolution de la chasse dépendra largement de sa capacité à mieux se faire connaître et à faciliter l’accès à la pratique.

Des leviers clairs pour accompagner le développement

Dans un contexte de recomposition des loisirs, la chasse dispose de marges de progression importantes. Son développement dépend désormais de sa capacité à lever les freins d’accès, à améliorer l’information sur sa pratique et à rendre son activité plus lisible et plus accueillante.

Face à ces constats, plusieurs leviers apparaissent clairement. L’ouverture de la communauté des chasseurs constitue un enjeu central.

Le second levier consiste à renforcer la lisibilité de la pratique. Il s’agit de faire évoluer la chasse d’une pratique perçue comme héritée vers une pratique qui s’apprend selon un parcours progressif et accessible.

Enfin, le renouvellement de l’image passe aussi par un travail d’incarnation. Le développement de profils diversifiés (jeunes, femmes) apparaît comme un levier stratégique.

Au final, l’évolution de la chasse dépendra largement de sa capacité à mieux se faire connaître et à faciliter l’accès à la pratique.

Face à ce défi, la Fédération nationale des chasseurs, à l’origine de cette étude IFOP, prépare un plan d’action à destination du réseau fédéral afin :
– de lever les freins identifiés
– d’accompagner l’arrivée de nouveaux publics
– et de favoriser le retour des anciens chasseurs.

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